Qu’est-ce que l’intelligence ?

En  1944, David Wechsler a défini l’intelligence comme la “capacité de l’individu à agir de manière appropriée, à penser rationnellement, et à s’adapter efficacement à son environnement » (Wechsler, Manuel d’interprétation WISC-V, 2016).

Howard Gardner (1983,1999) définit l’intelligence comme une “habileté ou ensemble d’habiletés qui permet à un individu de résoudre des problèmes ou créer des artefacts qui ont une importance dans une culture donnée” (op cit. Clobert et Gauvrit, 2021 p. 54).

Moïra Mikolajczak et Sophie Brasseur, Docteures en psychologie de l’Université de Louvain, qui ont longuement utilisé le terme de compétences émotionnelles, parlent à présent d’intelligence émotionnelle, un terme plus usité dans le langage courant. Elles définissent ce concept de la façon suivante :

“L’intelligence émotionnelle est la capacité à décoder, comprendre, exprimer, réguler et utiliser efficacement ses émotions et celles des autres.”  (Mikolajczak et Brasseur, 2016). Définition consultée sur le site Moodwalk, 2016 le 07/08/2020.

Dans un article coécrit et intitulé “Intelligence 101 ou l’ABC du QI” dans la Revue de psychoéducation Volume 35, numéro 1, 2006, p.2,  Françoys Gagné, qui a conçu le Modèle MDDT (Modèle Différenciateur de la Douance et du Talent) et Serge Larivée  définissent l’intelligence en ces termes : 

L’intelligence est une aptitude mentale très générale qui implique notamment l’habileté à raisonner, à planifier, à résoudre des problèmes, à penser abstraitement, à bien comprendre des idées complexes, à apprendre rapidement et à tirer profit de ses expériences. L’intelligence ne se résume pas à l’apprentissage livresque, ni à une aptitude scolaire très circonscrite, ni aux habiletés spécifiquement reliées à la réussite des tests mentaux. Au contraire, elle reflète cette habileté beaucoup plus étendue et profonde à comprendre son environnement, à «saisir un problème», à «donner un sens» aux choses ou à imaginer des solutions pratiques.”

Actuellement au XXIe siècle, la communauté scientifique n’est toujours pas parvenue à se mettre d’accord sur une définition commune de l’intelligence. Le terme “intelligence” est régulièrement utilisé dans de nombreux domaines d’activité totalement différents (la psychologie, la pédagogie, l’informatique) par exemple l’intelligence émotionnelle, l’intelligence logico-mathématique, l’intelligence artificielle, l’intelligence économique en fonction des domaines d’activité, la définition peut varier. Nous observons cependant que des éléments communs sont toujours présents

La définition de Gagné et Larivée donne une perspective universelle et plurielle de l’intelligence

et des différentes formes qu’elle peut revêtir. Elle permet à chacun de percevoir qu’être intelligent, c’est une façon de comprendre son environnement et de s’y adapter par l’imagination de solutions pratiques et concrètes face aux problèmes que nous rencontrons au quotidien.

Quand peut-on parler de hauts potentiels (haut potentiel) ou de douance ?

Le modèle des trois anneaux de Renzulli (1978) est souvent pris en exemple pour illustrer le haut potentiel, car c’est un des premiers modèles symbolisés.  Il sera par la suite amélioré et complexifié.

S’il est souvent cité en exemple pour cerner le HP, c’est qu’il a le mérite d’être simple et compréhensible pour un large public.  Le haut potentiel s’exprime par l’interaction des trois anneaux simultanément. Un anneau est représentatif des aptitudes élevées, un autre du haut niveau de créativité et le troisième, du haut niveau d’engagement.  Renzulli préfère parler de comportements talentueux plutôt que de douance ou de haut potentiel (Clobert et Gauvrit, 2021, p. 69). Par la suite, en 2005, Renzulli différencie dans son modèle, le haut potentiel intellectuel (HPI = haut niveau d’engagement + aptitudes élevées) du haut potentiel créatif (HPC = haut niveau d’engagement + haut niveau de créativité). Selon lui, les deux formes ne sont pas toujours liées (Clobert et Gauvrit, 2021, p. 112) mais peuvent l’être.

Les modèles actuels, représentatifs du mode de fonctionnement des personnes à haut potentiel sont  plus dynamiques et témoignent davantage  du processus développemental, tout en tenant compte des différentes capacités ou habiletés que peut revêtir l’intelligence. C’est notamment le cas des modèles MDDT de Gagné (1995, 2003, 2005, 2009), un modèle québécois de référence qui aborde la douance (terme d’usage au Canada pour parler du haut potentiel) et MSHPI de Cuche (2013), un modèle belge représentatif du haut potentiel. 

Dans la perspective du modèle de Françoys Gagné (2003), Psychologue et Docteur en psychologie de l’Université du Québec à Montréal, “La douance désigne la possession et l’utilisation d’habiletés naturelles remarquables, appelées aptitudes, dans au moins un domaine d’habileté (intellectuel, créatif, social, perceptuel ou moteur), à un degré tel qu’elles situent l’individu au moins parmi les 10 % supérieurs de ses pairs en âge. Le terme talent désigne la maîtrise remarquable d’habiletés systématiquement développées appelées compétences (connaissances et habiletés pratiques), dans au moins un champ de l’activité humaine (scolaire, arts, sports, etc.), à un niveau tel que l’individu se situe parmi les 10 % supérieurs de ses pairs en âge, actifs ou ayant été actifs dans ce champ” (Consulté  en ligne le 13/08/2022 Douance et talents à l’école :  Mooc sur l’éducation des élèves doués – Département de psychoéducation – Université du Québec à Trois-Rivières – Line Massé, professeure responsable du projet.

Catherine Cuche, Psychologue, Docteure en psychologie de l’UCLouvain, dans sa thèse de doctorat publiée aux  Presses universitaires de Louvain (2013, p.29), propose la définition du haut potentiel suivante : “Le haut potentiel intellectuel correspond à une ou plusieurs capacités intellectuelles s’écartant significativement de la norme et qui s’inscrivent dans un réseau d’interconnexions ancrées dans le temps entre des facteurs modérateurs (individuels et environnementaux), des habiletés sous-jacentes et des domaines de réalisation associés” (Cuche, 2013, p. 29). Le modèle représentatif de cette définition est illustré dans la troisième colonne du tableau suivant.

Anneaux de Renzulli (1978, 2002)MDDT
Modèle Différenciateur du Don et du Talent de F. Gagné (2005)
MSHPI
Modèle Synthétique du Haut Potentiel Intellectuel de C. Cuche (2013)




Source :  Renzulli in Clobert et Gauvrit, 2021, p.73 





Source : Mooc “L’éducation des élèves doués”  Site de l’UQTR, 2020, https://oraprdnt.uqtr.uquebec.ca/pls/public/gscw031?owa_no_site=1041 

Source : Thèse C. Cuche, Étude des croyances motivationnelles chez les adolescents à haut potentiel intellectuel : des représentations à dénouer UCL, 2013, p. 29 http://hdl.handle.net/2078.1/136112